Raz mottes sur Roc Trévézel

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Comments (58)

Erik van den Ham on June 11, 2011

Oh Michel this is so beautiful, magnificent, stunning!!! Y* and Like are well deserved.

Amitiés, Erik

Michel Chéron on June 11, 2011

Thank you very much Erik !

der Machdeburjer on June 17, 2011

eine grandiose Landschaftsaufnahme - like, beste Grüße von Reimund

Michel Chéron on June 18, 2011

Merci Reimund

Tomáš Gregor on June 20, 2011

Nádherný výhľad. Like. Tomáš.

Michel Chéron on June 20, 2011

Thank you Tomas

Andrea Riberti on July 9, 2011

Ah, ces espaces infinis. Es-ce bien ça la quintessence de la beauté? Ciao, Andrea

tidjj on July 10, 2011

Une belle balade sur cette crête érodée. Avec la rosée, ces rochers sont les seuls endroits où, le matin, on trouve la possibilité de faire une pose sans repartir les fesses mouillées.

Michel Chéron on July 10, 2011

Question pour question Andrea, la beauté étant partout pour qui veut bien l'y dénicher, pourquoi ne serait-elle pas dans l'infini mais aussi, pourquoi devrait-on la réduire à une quintessence ?

Andrea Riberti on July 11, 2011

Ah, là, Michel tu me prend au piège. En effet je ne peux qu'être d'accord avec toi. Disons alors que face à la nature je trouve facilement la parfaite expression de la beauté, n'importe où. La quintessence, donc, non pas reliée à un endroit précis mais metafore, ici traduite par ta photo, de la beauté de la Planête la où elle est (encore) magnifique. Franchement ne me dit pas que certaines banlieues ou zones industrielles anonymes, et même ces centres commerciaux monstrueux ou les échangeurs autoroutiers, véritables non-lieux, sont de beaux endroits... Ils restent peut-être intéressants pour prendre des photos mais la beauté, là, il faut la chercher.

Ciao, Andrea

Michel Chéron on July 11, 2011

Je pense Andrea, que ce qu'on appelle "le beau" ne doit désigner ni ce qui est joli, ou plaisant, ou agréable, ou séduisant et encore moins décoratif mais une chose dont la qualité particulière est de nous bouleverser profondément. De nous bouleverser au sens vrai du terme, c'est à dire de nous transformer sans même qu'on s'en aperçoive. Le "beau" n'obéit à aucune règle, aucun idéal, aucun code, aucune morale et surtout à aucune mode. Il surgit et s'impose à tous ceux qui y sont ouvert et cela, quelle que soit sa culture et l'époque à laquelle il vit. C'est pourquoi je n'y vois aucune quintessence, il est anarchique, protéiforme et toujours singulier.

tidjj on July 12, 2011

On en a déjà causé. Le beau est de l'homme. Il n'est pas dans ce qui est regardé, écouté, senti mais dans celui qui regarde, écoute, sent.

C'est ce qui fait qu'on a toujours du mal à s'entendre ; mon beau n'est pas celui de l'autre. Et mon beau peut évoluer. Avec moi.

Michel Chéron on July 12, 2011

Il me semble que ce que tu définis-là tidjj, n'est autre que le "goût" par nature différent de celui des autres. Le goût est subjectif, personnel et fluctuant parce qu'il est soumis aux habitudes culturelles, à la mode, à la morale et à diverses croyances (notamment esthétiques). Le "beau" lui, si tant est que ce concept veuille vraiment dire quelque chose, est universel, hors culture, hors du temps et surtout contenu dans la chose (dans l'objet, le paysage ou sa représentation, dans un son, une musique, une personne, une formule mathématique...) et pas seulement dans l’œil, l'oreille ou la caboche de celui qui le reçoit (ou le fabrique). La musique de Bach, les peintures de Velázquez ou les photos de Cartier-Bresson sont universellement et objectivement "belles" au sens que j'ai tenté de définir ci-dessus. Si donc les goûts (et les couleurs) se discutent, le "beau" lui, nous bouleverse sans qu'on le veuille et même sans que ça nous plaise mais en effet, seule l'expérience personnelle permet d'être affirmatif sur ce point. Ce n'est pas le "beau" mais la perception du "beau" qui évolue avec la personne.

tidjj on July 12, 2011

Je me permets de n'être pas d'accord.

Le beau n'est pas universel. Bach, Velásquez ou Cartier-Bresson paraîtront banals (au mieux) à certains qui ne se trouveront pas bouleversés le moins du monde par leur "machins". Je trouve même cocasse, et c'est peu dire, de citer Bach, Velásquez et Cartier-Bresson tout en employant les mots "hors culture".

La culture est une grille de lecture. Le goût est une grille de lecture. Il y en a d'autres, peut-être naturelles d'ailleurs. Quand je regarde, quand j'écoute, quand je sens, je le fais au travers de mes grilles de lecture combinées et c'est au travers d'elles que se révélera ou non la beauté.

Ça veut dire en substance que le beau n'est pas inhérent à la chose mais au sujet ; ça veut dire qu'il s'apprend.

J'en conviens, ce que l'apprentissage modifie, c'est la grille de lecture. Mais c'est justement la nouvelle grille de lecture qui rend beau ce qui auparavant ne l'était pas. La beauté n'existe pas en tant que telle. Tu le sens confusément quand tu t'interroges : « si tant est que ce concept veuille vraiment dire quelque chose ». Elle n'existe que parce que je suis là, avec mes sens et mes grilles de lecture.

La photo met bien ça en évidence. Elle permet de choisir dans une scène un angle, un instant, un parti-pris constituant une grille de lecture dédiée. Sans ce "cadrage", la scène était sans doute banale, sans intérêt. Au travers du filtre proposé par le photographe, elle prend un sens, une beauté qui n'existait pas dans la scène elle même. C'est bien cette lecture qui est belle, pas la scène.

Je ne démordrai jamais de ça : la beauté n'est pas dans la nature car elle n'a rien de naturelle. Elle est en moi, de moi. C'est moi qui la crée. La culture, c'est à dire la mise en commun de certains éléments de grilles de lecture, permet de la partager.

C'est une vision athée de la beauté. Mais je suis un mécréant accompli.

Michel Chéron on July 12, 2011

Si la lecture d'un photographe face à la banalité aboutit à une image bouleversante tidjj, c'est donc bien l'image elle-même et pas seulement la lecture que j'en fais en tant que spectateur, qui est bouleversante. Du coup, même si ce caractère bouleversant provient au départ de la vision et de la volonté d'une personne et qu'elle agit au final sur la sensibilité d'autres gens, "cette capacité à bouleverser" (ne l'appelons plus "beauté" qui prête en effet à confusion) cette "capacité à bouleverser" donc, est indéniablement contenue dans la structure même de la chose (photo, musique, peinture, architecture...) et c'est aussi vrai quand il n'y a pas d'intention au départ, dans le cas d'objets naturels comme un arbre, un paysage, un animal, une formule mathématique... Le "beau" est une porte (fabriquée ou naturelle), un relais, une antenne vers une capacité naturelle de notre cerveau à y être sensible de diverses façons et à des degrés d’intensité variables liées en effet à notre culture et à notre rapport au monde, mais quant "la capacité à bouleverser" est présente dans une chose elle y est universelle alors que quand elle n'y est pas, elle n'y est pas ! Des anthropologues ont constaté que des pygmées n'étant jamais entré en contact avec des blancs s'étaient pourtant spontanément montré réceptifs à leur musique et on sait évidemment que certains blancs, ceux dont la culture ne fait pas obstacle, sont spontanément sensibles à la musique des Pygmées (j'y suis sensible).

Michel Chéron on July 12, 2011

En revanche, même pour moi qui enseigne les arts plastiques, on n'est pas prêt de me faire avaler que cet urinoir est "bouleversant" juste parce qu'un artiste a déclaré il y à bientôt un siècle que ce truc était le degré ultime de l'art.

tidjj on July 15, 2011

Comment la beauté naît de l'apprentissage : 7/9 du 11/07 (minute 54:00)

Michel Chéron on July 17, 2011

Eh bien tidjj, au risque de te surprendre, je suis entièrement d'accord avec Paul Veyne. Il ne dit pas, comme toi, que la beauté est une fabrication de l'esprit qui nait du conditionnement social (je te l'ai dit, ça, c'est la définition du goût, cette chose que ma prof d'histoire de l'art appelait "le cynodrome du j'aime/j'aime pas"). Il dit qu'un certain "apprentissage" (au sens fort de développement d'une culture vécue, cette chose qui reste quand on a tout oublié) est nécessaire pour être réceptif à la "beauté" là où elle se trouve et ça, vois-tu, c'est exactement ce que je dis depuis le début. Quand Paul Veyne parle d'artistes ou d'époque de génie, c'est bien qu'il place la beauté dans les œuvres et non dans la seule perception subjective et conditionnée que nous en avons. La beauté, je le redis, c'est ce qui nous bouleverse, nous transforme et nous élève et cette alchimie est contenu dans l’œuvre. Le rôle de la culture (quelle qu'elle soit) n'est donc pas de nous faire prendre des vessies pour des lanternes mais de favoriser et d’enrichir la transmission de l'artiste vers ses œuvres (à condition qu'il ait aussi un minimum de talent pour y arriver) et de l’œuvre vers le spectateur, (à condition qu'il possède lui aussi le talent d'y être sensible).

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Photo details

  • Uploaded on May 26, 2011
  • © All Rights Reserved
    by Michel Chéron
    • Camera: NIKON CORPORATION NIKON D80
    • Taken on 2010/07/21 09:42:54
    • Exposure: 0.005s (1/200)
    • Focal Length: 18.00mm
    • F/Stop: f/7.100
    • ISO Speed: ISO100
    • Exposure Bias: -1.00 EV
    • No flash

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