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L'intérieur de LA CITé DE LA MUSIQUE La Cité de la musique et les échanges culturels internationaux (1981-1999) Par Wissam Hojeij, le 16 décembre 2006 |
L’inauguration [1] de la Cité de la musique en janvier 1995 constitue un temps fort de l’histoire culturelle française récente : d’une part, il s’agit d’un dispositif culturel de type nouveau, d’autre part sa mise en place s’est réalisée au cours de quatorze années d’intenses rebondissements. Bien qu’on retrouve l’idée d’une cité musicale à un stade embryonnaire à la fin du septennat de Valéry Giscard d’Estaing, le projet prend son réel envol avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir en mai 1981. Cette date marque donc la naissance réelle du projet de Cité de la musique, en même temps que sa mise sous tutelle du ministère de la Culture. C’est le début de son inscription progressive dans le paysage français et international. Il est attribué au dispositif une vocation d’ouverture sur le monde qui trouve sa première réalisation muséale en 1999 dans l’exposition consacrée aux harpes d’Afrique, La parole du fleuve. Entre 1981 et 1999, soit des balbutiements à la première exposition de portée internationale, la Cité de la musique s’inscrit donc dans les échanges culturels internationaux.

L’édifice que l’on doit à l’architecte Christian de Portzamparc est composé de deux blocs situés dans le Parc de la Villette de part et d’autre de la Fontaine dite « aux Lions ». La dénomination « Cité de la musique » renvoie à l’ensemble que constituent ces deux blocs : le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (situé à l’Ouest de la Fontaine) d’une part ; le Musée de la musique, la salle de concerts, les centres de documentations et autres infrastructures comme le siège de l’Ensemble Intercontemporain (situés à l’Est) d’autre part. À l’Ouest l’enseignement, à l’Est la diffusion. Communément la partie Ouest est appelée le « Conservatoire » et la partie Est la « Cité de la musique ». Quand nous parlerons de « Cité de la musique » nous nous en tiendrons pourtant à l’appellation d’origine qui comprend les deux parties du dispositif. Une réflexion sur la Cité de la musique et les échanges culturels porte sur la façon dont se place et agit ce dispositif dans le cadre des communications réciproques qui prennent place dans un secteur de la culture désormais internationalisé.

Longtemps, la politique internationale a négligé les questions culturelles. En 1979 est néanmoins paru en France le rapport de Jacques Rigaud (dit « rapport Rigaud »), document fondateur qui constitue aujourd’hui encore une synthèse intéressante sur le rôle de l’État dans les relations culturelles internationales. À ce titre il faut souligner que la politique culturelle internationale de la France se joue sur deux espaces : à l’étranger, d’une part, avec la présence d’établissements à travers le monde généralement placés sous l’égide du ministère des Affaires Etrangères ; sur le territoire national, d’autre part, avec des établissements comme la Cité de la musique, le plus souvent sous tutelle du ministère de la Culture. La politique culturelle internationale n’est donc pas le seul apanage du Quai d’Orsay mais relève également de la rue de Valois. C’est dans le cadre des compétences accrues du ministère de la Culture dans les échanges culturels internationaux que se situe notre étude.

En reconstituant les grandes étapes de son activité,on va tenter d’apporter des éléments de réponses aux questions posées par la Cité de la musique dans le domaine de la politique culturelle française. omment sa mise en place révèle-t-elle la prise en compte croissante du facteur international dans le secteur culturel par la France ? Dans quelle mesure sa position adoptée dans les échanges culturels internationaux reflète-t-elle les enjeux de la politique culturelle française (nationale et internationale) ? Quelles réponses apporte l’établissement parisien aux questions qui traversent un secteur de la culture désormais mondialisé ?

Des premiers échos à la conception du projet (1981-1985) La création de la Cité de la musique s’inscrit dans un contexte culturel particulier de développement d’une nouvelle politique musicale. Après plusieurs décennies marquées notamment, dans ce domaine, par Emile Biasini, Marcel Landowski et Jean Maheu, Maurice Fleuret prend en 1981 la tête de la direction de la musique et de la danse du ministère de la Culture. Mu par une volonté d’élargir notablement les domaines relevant de la politique musicale et de transformer profondément les modalités d’action des pouvoirs publics, il propose une nouvelle vision de la démocratie musicale selon laquelle il ne s’agit plus uniquement de promouvoir l’accès de tous à la musique dite « savante » mais plutôt d’ouvrir les institutions aux diverses formes d’expression musicale. Au même titre que la création de la Fête de la musique, le lancement du projet de Cité de la musique est guidé par cette nouvelle vision.

La création de la Cité de la musique répondait également à des besoins. Dès la fin des années 1970 s’imposait déjà un double constat : d’une part, le Conservatoire de Paris se trouvait à l’étroit dans ses locaux de la rue de Madrid ; d’autre part,le Musée de la musique était laissé à l’abandon. En 1979, Valéry Giscard d’Estaing fait officiellement part de l’idée d’inclure dans le programme urbanistique de la Villette un édifice consacré à la musique.

En août 1981, lors d’une visite du site de la Villette, Jack Lang propose à François Mitterrand, reprenant les termes de Maurice Fleuret, l’idée d’une « Cité Internationale de la musique ». À cette évocation succède la véritable annonce du projet, le 24 septembre 1981, lors de la première conférence de presse du nouveau président, consacrée aux Grands travaux. Les Grands travaux donnent l’impulsion décisive pour la réalisation d’un parc moderne à la Villette et par conséquent de la Cité de la musique qui en est un des édifices.

Le concours architectural international du parc de la Villette est lancé en mai 1982. Des propositions affluent de 36 pays, ce qui positionne la France comme une nation valorisant l’architecture. C’est le projet du Suisse Bernard Tschumi qui l’emporte. Le concours d’architecture de la Cité de la musique a lieu en 1984 et n’est en revanche ouvert qu’aux candidats nationaux. Ils sont cependant départagés par un jury cosmopolite : c’est l’occasion de valoriser la richesse de la scène architecturale française devant une assemblée de spécialistes venus du monde entier. L’opération s’achève en janvier 1985 avec la désignation du projet de Christian de Portzamparc.

On voit ainsi que dès les prémices du projet, on s’efforce de donner à la cité musicale une visibilité internationale. Cependant, après des débuts qui se déroulent à un rythme soutenu, la réalisation de la Cité va prendre finalement plus de temps que prévu.

Huit années de concrétisation : entre espoir et difficultés (1986-1994) Un certain nombre d’événements de politique intérieure ont une incidence directe sur la réalisation de la Cité de la musique et sur son retrait momentané de la scène internationale. Les difficultés dues aux retours de balancier de l’opinion modifient l’action et l’orientation des deux septennats mitterrandiens à trois reprises : lors de la victoire législative de la droite en 1986, lors de la réélection du président suivi d’un retour de la gauche en 1988, et lors du retour de la droite en 1993. De 1986 à 1994 le projet traverse une série de crises au cours desquelles la Cité est remise en cause dans sa conception et, quelques fois, dans son existence même.

Sa réalisation suscite, en effet, de nombreux conflits qui opposent des responsables politiques entre eux, des artistes entre eux, mais aussi politiques et artistes sur la façon dont ils conçoivent le projet. Au fil des années de luttes, on retrouve constamment Pierre Boulez, défenseur acharné du dispositif et de ses visions. Face à lui, les interlocuteurs varient au gré des changements survenus dans la vie politique française. Ministres de la culture, directeurs de la musique, mais aussi secrétaires d’État aux Grands travaux et directeurs du Conservatoire s’opposent en privé et dans la presse dans le but de faire triompher leurs vues.

Il convient cependant de noter que rétrospectivement la Cité de la musique est une des opérations des Grands travaux les moins contestées, du moins du point de vue de sa nature et de sa vocation. Ce sont surtout ses reports successifs et la question de son financement qui nourrissent la polémique. Ces années d’ombre nuisent à la visibilité internationale du projet initiée lors du concours d’architecture. Au final, faisant suite à l’entrée en activité du Conservatoire en 1993, l’ouverture du dispositif au public par le lancement de la partie Est en 1995 met fin à un cycle de tempêtes.

La Cité de la musique ouverte au public : les premières années d’activité (1995-1999) La situation de la cité musicale à la Villette, dans un parc qui se veut avant-gardiste, impose une exigence supplémentaire à l’édifice. Secrétaire d’État aux Grands travaux à partir de 1988, Emile Biasini a souligné que « consacrés au domaine culturel, les Grands travaux ont aussi mis en évidence l’importance du geste architectural, de façon souvent spectaculaire ». [2] C’est chose faite avec les formes peu orthodoxes et audacieuses de la Cité de la musique de Christian de Portzamparc.

La Cité de la musique se présente, en effet, et à bien des égards comme un projet aussi ambitieux sur le plan formel que du point de vue de sa vocation. Salué à l’échelle internationale, Christian de Portzamparc est le premier architecte français à recevoir le prestigieux prix Pritzker en 1994. Journaliste au New York Times et membre du jury, Ada Louise Huxtable, commente l’événement en affirmant que l’architecture de Christian de Portzamparc est empreinte « d’un hédonisme grave et d’un sens profond du chic français ». Avec lui certaines conceptions esthétiques hexagonales s’exportent et la Cité acquiert une réputation internationale.

Au-delà de la conception architecturale, on peut se demander quel rôle joue la Cité dans les échanges culturels internationaux. À ce titre, constitue-t-elle un ensemble original à l’échelle mondiale ? En novembre 1982, Jean Pierre Guillard, directeur de la mission musique (créée spécialement pour préparer la conception du dispositif) faisait un compte-rendu de son voyage de repérage aux États-Unis. [3] Pourquoi le choix des États-Unis ? Simplement parce que depuis les premiers complexes musicaux comme le Lincoln Center ou le Kennedy Center lancés dans les années 1960, un très grand nombre de projets intégrant différentes formes de spectacle créés en Amérique, ont offert un large aperçu de ce qu’il faut faire et ne pas faire. Le Lincoln Center a été un des déclencheurs de l’idée de cité musicale dans l’entourage de Valéry Giscard d’Estaing. Situé à New York, il combine diffusion et enseignement de la musique, soit les deux missions qu’on assigne à la Cité dès ses débuts. Mais Jean-Pierre Guillard a fait remarqué que « les éléments d’intégration des différentes parties du Lincoln Center sont très réduits et le plus souvent limités à la gestion des immeubles ». [4]

La Cité de la musique, à l’inverse, intègre un musée de la musique, qui est le seul au monde à disposer d’espaces aussi importants, et une salle de concert intégrée (auditorium) lui permettant de faire vivre ses instruments. Etre une « cité » dépasse l’idée de la simple juxtaposition d’éléments divers et pousse à une interaction importante des diverses activités qu’on ne retrouve pas ailleurs. C’est là une des principales originalités de la Cité de la musique sur le plan international.

Notons par ailleurs que nombre de personnalités dont le nom est étroitement associé au dispositif contribuent à sa représentation dans le monde. C’est le cas, à différents nivaux, de François Mitterrand pour le monde politique, Pierre Boulez pour la musique contemporaine et bien sûr Christian de Portzamparc pour l’architecture.

Par son ouverture, dès son entrée en activité, aux musiques savantes et populaires du monde entier, le dispositif de la Villette se fait la vitrine de la notion de « diversité culturelle » défendue par la France dans les relations internationales. Cette position, récente dans la vie musicale officielle française, correspond à une tendance générale de l’industrie musicale hexagonale. Jamais la France n’a vendu autant de disques et n’a été aussi écoutée que lorsqu’elle s’est appropriée à sa façon des mouvements de musique populaire à portée internationale (les musiques électroniques) et qu’elle a ouvert ses studios aux artistes de World Music. Dans un entretien au Monde du 21 janvier 2001, Hubert Védrine, alors ministre des Affaires étrangères souligne : « Dans le domaine musical, la France a une place de premier plan : elle attire de nombreux pays s’exprimant dans toutes les langues, produit leur musique et leur sert de tremplin, un peu comme Montmartre au début du siècle pour les peintres ». La Cité participe de ce mouvement : ses programmations musicale et muséale sont marquées par cette dynamique et reflètent le rôle actif du dispositif dans les échanges internationaux.

Par ailleurs, le Conservatoire organise, en plus des programmes d’échanges internationaux d’étudiants, des manifestations qui « font intervenir des artistes renommés du monde entier ». [5] La célébration de son bicentenaire a culminé ainsi avec le Te Deum de Berlioz, interprété sous la direction de Sir Colin Davis, au Zénith de Paris, par plus de 850 musiciens dont 200 venus de conservatoires étrangers. Parallèlement, des cycles consacrés aux musiques du monde sont organisés dans la partie Est qui accueille, depuis 1996, les musiques arabe, hongroise ou portugaise. Autre exemple, la saison 1997-1988, se penche sur la musique américaine nourrie par le jazz, le blues, le gospel, Broadway ou Hollywood. Par ailleurs, la partie Est accueille des musiciens du Mali ou d’Afrique du Sud. Le Musée de la musique poursuit le mouvement avec une première exposition consacrée aux musiques extra-européennes : Les Harpes d’Afrique Centrale, La parole du fleuve, 29 mai au 17 octobre 1999. Au cours de ses premières années d’activité la Cité de la musique affirme donc défendre la position de diversité culturelle chère à la France dans les relations internationales.

La dimension internationale de la Cité de la musique est également patente quand on s’attache à la fréquentation. Le Conservatoire participe à nombre de programmes d’échanges d’élèves internationaux comme ERASMUS et est représenté par ses plus brillants élèves dans des concours aux quatre coins du globe. Il accueille de son côté des jeunes du monde entier qui sont amenés à fréquenter l’ensemble des activités de la Cité.

Concernant la partie Est, un document commandé en 1999 par le ministère de la Culture et intitulé « Synthèse des résultats de l’étude de fréquentation » [6] précise que 39 % des visiteurs sont originaires de province et de l’étranger (hors période estivale). Ce chiffre est qualifié par l’étude d’ « assez élevé ». Il s’agit de plus du tiers du public ce qui prouve que, au-delà de son succès local, le dispositif joue un rôle attractif aux échelles nationale et internationale. Notons que, si la période estivale était prise en compte, le chiffre serait encore plus élevé.

Les visiteurs étrangers sont constitués de professionnels de la musique venus donner des conférences mais aussi du grand public qui assimile de plus en plus la Cité de la musique à un passage obligé d’une visite de Paris. Le contact avec le dispositif peut être prolongé ultérieurement par la fréquentation du site Internet, très complet, [7] disponible en anglais et qui propose par exemple des informations sur des stages et emplois liés à la musique en France, en Europe et dans le reste du monde.

« La culture a une valeur qualitative et inquantifiable qui ne peut être chiffrée par les responsables des finances et du budget. C’est sur cette valeur que se joue une grande partie de l’image de la France au niveau international », [8] affirme Emile Biasini en 1995. La mise en place de la Cité révèle la prise en compte croissante de la dimension culturelle des relations internationales par la France, et notamment par le ministère de la Culture. L’État tâche d’inscrire d’emblée son établissement, issu d’une tradition culturelle typiquement hexagonale, dans la mondialisation des échanges.

La position adoptée par la Cité de la musique dans les échanges culturels mondiaux reflète les enjeux de la politique culturelle internationale de la France et prouve que ceux-ci ne sont plus le domaine réservé du Quai d’Orsay. La Cité de la musique prend quelquefois l’apparence d’un lieu d’accueil des cultures du monde tout en étant en parallèle la vitrine de deux acteurs prestigieux de la culture musicale française : le Conservatoire et l’Ensemble Intercontemporain. N’est-ce pas cette double dynamique qui alimente le concept de diversité culturelle, si cher à la politique internationale française ?

Le dispositif musical parisien apporte quelques éléments de réponse aux questions qui traversent un secteur de la culture désormais mondialisé : sa forme de Cité ouverte pourrait constituer la métaphore d’un rapport équilibré entre les cultures du monde. Cependant, bien que la fréquentation soit bonne, on constate qu’un décloisonnement des publics ne suit pas nécessairement le décloisonnement de la programmation. La diversité des publics répond en effet souvent à la diversité des événements qui prennent place dans l’édifice. Peut-être faudrait-il mettre plus l’accent sur une stratégie de changement des habitudes en poussant le spectateur à découvrir autre chose que ce à quoi il était venu assister ? Si la condition sine qua non de l’éventualité d’un dialogue des publics a été réalisée avec la naissance de la cité musicale, il reste du travail pour une meilleure compréhension des différentes cultures (savantes et populaires) par un public de plus en plus large – à la Cité de la musique comme partout ailleurs.

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Comments (14)

la-gioconda -No View… on February 25, 2013

???? - mysterious, interesting, LIKE - salutations, Cornelia

Eva Lewitus on February 25, 2013

Beautiful lines!!! L+F

François PITROU_CHAR… on February 25, 2013

Belle composition Damir et joli graphisme de la cité de la musique.

LIKE 3.

amitiés,François

Damir D on February 26, 2013

c'est un bâtiment fort intéressant Cornelia et eva, (sauf l'acoustique de la grande salle de concerts qui n'est pas à la hauteur de ce qu'on attendait...)


François, il y a aussi d'autres endroits colorés à Paris ;-D))

Marina@ on February 27, 2013

Schöne Musik klingt drin, von außen wirken klare Linien und schöne Farben. Like. Herzliche Grüße und vielen Dank für den Kommentar und die Einladung, Damir. Salut, Marina

Damir D on February 27, 2013

Marina , as tu été à un concert ici?????? j'essaye dans la mesure du possible de donner un commentaire en paralelle à mes photos..... merci pour ta visite et à +, amitiés, Damir

Marina@ on February 28, 2013

Nein, Damir, ich war leider nicht bei einem Konzert dort, habe nur einige ARTE-Übertragungen von diesen Konzerten glücklicherweise nicht verpasst, das Gebäude habe ich aber "live" gesehen, von innen und außen, aber die Akustik kann ich dadurch leider nicht einschätzen :( Ein anderes Mal vielleicht, Paris ist immer einer Reise wert. Viele Grüße, Marina

Klaus Dimter on March 4, 2013

Fantastic composition..................like

Best regards from Berlin. Klaus

Damir D on March 4, 2013

Christian de Portzamparc est un tres bon architecte, mais l'acoustique n'est pas sont fort.... Marina


merci Klaus pour ta visite et ton commentaire

salut, Damir

Raingard Ricklefs on March 7, 2013

Ein Spiel der Linien und Farben! Gut gesehen, Damir ! LG RR

Damir D on March 7, 2013

quand ça viens de la grande prêtresse de la photo = Raingard il y a de quoi être fiers

bonne soirée, Damir

giselaplewe on March 9, 2013

Überall Streifen, die nur durch die Fenster durchbrochen werden. LIKE und ein schönes Wochenende, gisela

Damir D on March 9, 2013

le soleil nous surprends par les images qui nous offre, salut Gisela, bonne dimanche, Damir

Yolanda LS on March 11, 2013

Bonita conjunción de lineas! Lk, saludos.

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    by Damir D

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