Photos by Guy Ferdinande : on the map, in Google Earth (KML)
les anciens canaux
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passage Bélu
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la cathédrale vue de la place du Don
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Bailliage (1541)
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Guy Ferdinande's conversations
À voir comme ça, l’endroit semble des plus bucoliques, un vrai p’tit coin d’paradis ! malheureusement l’autoroute A 25 qui enjambe la Lys à l’endroit du pont que l’on aperçoit là-bas fait un bourdonnement continu parfaitement rédhibitoire. Non, ce bel endroit n’incombe pas à l’antique nature, seulement à l’aménagement paysager en terme de « zone verte » (Z.V.), exact pendant des Z.A.D., Z.U.P., Z.I. et autres Z.A.C.
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Cette photographie parfaitement anodine, je ne l’ai placée que pour l’anecdote. De la fin XVIème jusqu’à la première moitié du XXème siècle, cette rue s’est appelée rue de l’ABC, sans doute nous dit A. Bertrand dans son Dictionnaire des rues de Lille, à cause de l’école où les enfants des paroisses Saint-Sauveur et Saint-Maurice venaient apprendre leurs « paternostres, lisre et escripre ». Plus récemment cette rue fut la rue des maisons closes (Aux belles poules, Rachel ; Au Chat noir, etc.), tout au moins jusqu’à leur fermeture en 1946. Vous pouvez comparer cette photo avec celle de la rue telle qu’elle était au début du XXème siècle sur le site : http://www.lilledantan.com/rue_de_l_abc.htm. Dans son livre Une Enfance gantoise, Suzanne Lilar écrit que quand la bourgeoisie gantoise partait ribauder, c’est à Lille qu’elle venait. On imagine aisément que c’est dans cette « rue » aujourd’hui tout à fait insignifiante qu’elle aboutissait.
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L’Axolotl, « sous-marin laboratoire » de la compagnie de théâtre Transport culturel fluvial sera démonté, nous dit le bulletin LilleMétropoleInfo, durant le voyage qui l’amènera à Leers où ce qui en reste demeurera jusqu’au 19 septembre 2009. Se sera-t-il agi d’un sabordage en règle ? Sur cette photographie, on voit que la tourelle a déjà disparu. Le LaM (in french : Lille Art Museum, sic !) ne pouvait-il se porter acquéreur de ce si insolite sous-marin pour son département consacré à l’art brut ?
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Triste sort pour cette bâtisse qui semblait encore avoir du panache il y a quelques années...
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Je passe souvent devant cette maison, et je dois dire que j’éprouve de la sympathie pour elle, une sympathie un peu romanesque qui tient au fait que je la trouve plutôt lugubre ou, pour dire les choses plus aimablement, plutôt photogénique. Des maisons il y en a de toutes sortes, mais une maison lugubre ce n’est pas des plus fréquents. Si Dracula devait quitter les Carpates pour venir ce coup-ci s’installer à Lille plutôt qu’à Londres, et si j’étais clerc de notaire, c’est cette demeure que je lui recommanderais. Là où les coulonneux réservent leur grenier à leurs chers pigeons, je vois bien au faîte de celle-ci des escadrons de chauves-souris partir en mission dans le quartier la nuit venue.
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Dans les 50’s, c’était au temps où je fréquentais l’école Michelet, tous les élèves issus de familles nécessiteuses, on peut dire une bonne partie de la classe ouvrière, recevaient à chaque rentrée scolaire un vêtement distribué par la mairie de Lille. Les plus nécessiteux des nécessiteux avaient quelque chose comme un duffle-coat, les autres une chemise, un pull-over ou un pantalon. La distribution qui prenait plusieurs jours déplaçait des milliers de filles et de garçons de tous faubourgs auxquels il fallait faire la queue le long de cette rue du Réduit avant que de s’engouffrer par une de ces portes menant vers le sous-sol où le « fatidique » ticket de couleur (une couleur par tranche de revenu) était remis contre ce signe extérieur de pauvreté. Avant de se révéler lors des récréations — le même duffle-coat ou le même pantalon —, cette pauvreté n’apparaissait pas à nos jeunes insouciances. L’action sociale était tellement enchâssée dans le quotidien : centres aérés, colonies de vacances, cantines scolaires, etc., qu’il faudra encore attendre quelques années avant de trouver à cela un vieux fond d’assistance, pour ne pas dire de charité, et en prendre ombrage. Ce cérémonial de masse a cessé d’être, j’imagine.
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Dans les 50’s, puisque j’y suis et qu’à l’évidence cette entreprise photographique m’est un prétexte pour revisiter certains lieux de ma mémoire, l’office religieux du dimanche auquel les garçons fréquentant le catéchisme étaient tenus de faire cortège était digne d’un film de Fellini. D’abord il fallait se costumer : soutanelle rouge, surplis et cordon, et puis parfois partir en procession de la rue Alphonse Mercier jusqu’à l’église, précédé par le Suisse qui nous impressionnait plus que le Père Fouettard avec son bicorne et sa crosse, par exemple le jour des rameaux. La messe était encore en latin, en ce temps-là. Dans le chœur, ça se bousculait : le curé, les prêtres, les enfants de chœur, les nonnes, et puis la flopée d’enfants qui se préparaient à la communion privée — nous —, vêtus comme étaient vêtus les enfants de chœur. Tout ça était tellement baroque ! Côté symbolisme, la messe ça ne mégotait pas ! Et, les sermons ! Je me souviens de sermons qui étaient dignes de celui qu’on entend dans Moby Dick, des sermons qui vous glaçaient le sang, des sermons comme aucun prêtre ne sait plus en faire, après quoi l’Enfer n’était plus douteux. Du théâtre ! Aux antipodes des offices assurés par des laïcs, maintenant qu’il n’y a plus de prêtres, que les cloches sont des cassettes enregistrées, que le peuple des fidèles a vieilli nous dit un sondage récent, et que la vie éternelle elle-même est bien en peine. J’ai bien cessé de croire en tout ça depuis longtemps mais dans le souvenir que je garde de cette période de ma vie, je me dis que mon imaginaire n’a jamais pâti de ce décorum.
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Auguste Angellier (Dunkerque, 1848 - Boulogne, 1911), doyen de la faculté de Lettres de Lille et poète (À l’amie perdue ; Le Chemin des saisons ; Dans la lumière antique, 5 vol. ; Œuvres posthumes ; Étude sur Henri Regnault ; Étude sur la Chanson de Roland ; La Vie et les œuvres de Robert Burns, 2 vol.).
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Nationaal Tabaksmuseum te Wervik (Vlaanderen).
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