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Cette année-la, qui est la quatorzième de notre siècle, les premiers jours du mois d'août répandent une chaleur à faire s'évanouir les vaches dans les champs. Les hommes, toute leur eau suée, ne sont plus capables de cracher jusqu'a leurs sabots. Entre leurs talus où se dessèchent les ajoncs couleur de poussière, les pièces de terre sont autant d'auges où croupit un air mou, a consistance d'étoupe, bon a entasser à la fourche, comme me le répétera souvent, plus tard, Joz Ma-Liorz. La blancheur du ciel à midi est celle de la mer étale à la prime aube. S'il y vole des oiseaux, ils sont aussi muets que des poissons. La mer habite toujours, sans doute, la baie d'Audierne, bien qu'elle soit trop faible pour gonfler des vagues et prendre une couleur de vie, confondue qu'elle est avec le sable de la grève. Il faudrait monter sur son dos pour ne pas douter de sa présence. Mais il n'y a pas un souffle de vent pour mettre à la voile. Les choses ne sont pas tranquilles, mais frappées de stupeur. Il n'y a pas d'orage dans l'air, mais une sourde crainte serre les épaules des vivants. Rien ne bouge nulle part, sauf les pauvres paysans tenus par la moisson et le souci du pain. Alors, on apprend ce que ce monde avait dans le ventre : c'est la guerre. Je suis né depuis six mois.
(HELIAS P.J., Le Cheval d'Orgueil, Ed. Plon,
Coll. Terre Humaine, Paris, 1975, p. 45).
eurasia21's conversations
Schöne Farben. Prima aufgenommen. (L) VG, Brumm
Sehr gut/L1, Viele Grüße Lothar
Thanks & Like! :O) ciao, Lancil8.
Many thanks, Eurasia21 for add! Like! :O) Best regards from Italy, Lancil8.
c'est avec un réel plaisir
BàV
Pascal
Really like the framing. Wish the color was brighter.
Fantastic photos! Your photos certainly show Norway as a very beautiful country..'hope to see it someday! Greetings from England!
Martin Parr sort de ce corps !
"C'est la guerre"
Cette année-la, qui est la quatorzième de notre siècle, les premiers jours du mois d'août répandent une chaleur à faire s'évanouir les vaches dans les champs. Les hommes, toute leur eau suée, ne sont plus capables de cracher jusqu'a leurs sabots. Entre leurs talus où se dessèchent les ajoncs couleur de poussière, les pièces de terre sont autant d'auges où croupit un air mou, a consistance d'étoupe, bon a entasser à la fourche, comme me le répétera souvent, plus tard, Joz Ma-Liorz. La blancheur du ciel à midi est celle de la mer étale à la prime aube. S'il y vole des oiseaux, ils sont aussi muets que des poissons. La mer habite toujours, sans doute, la baie d'Audierne, bien qu'elle soit trop faible pour gonfler des vagues et prendre une couleur de vie, confondue qu'elle est avec le sable de la grève. Il faudrait monter sur son dos pour ne pas douter de sa présence. Mais il n'y a pas un souffle de vent pour mettre à la voile. Les choses ne sont pas tranquilles, mais frappées de stupeur. Il n'y a pas d'orage dans l'air, mais une sourde crainte serre les épaules des vivants. Rien ne bouge nulle part, sauf les pauvres paysans tenus par la moisson et le souci du pain. Alors, on apprend ce que ce monde avait dans le ventre : c'est la guerre. Je suis né depuis six mois.
(HELIAS P.J., Le Cheval d'Orgueil, Ed. Plon, Coll. Terre Humaine, Paris, 1975, p. 45).
Ok, yours photos are perfect! Thanks & Happy Holidays!