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Photos by Raphaël Zacharie de …: on the map, in Google Earth (KML)

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Raphaël Zacharie de …'s conversations

Evan27 said:

Wonderful texture in this photo as only black and white can do it. This reminds me of another famous photographer who also shoots NYC black and white photographs...excellent photos of all the landmarks and skylines of the city


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Juan Alemán said:

Your photos are really interesting and beautiful. They make you feel as if you were there.


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Valcréa said:

Evidemment...


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Valcréa said:

Sans doute ce qui pourrait me hérisser le poil, sauf que tant de femmes côtoyées et écoutées m'ont confortée dans l'idée que les souris attaquent rarement les chats, exception faites de celles qui ont la rage... sourire...


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Valcréa said:

Point de regrets d'afficher sur mes courriers un blason représentatif où figurent lune, licorne, parchemin et plume ...


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Valcréa said:

Et que dire des laborantins qui travaillent sur les clônages et l'ADN des dinosaures ? du détournement d'attention ? des enjeux financiers qui s'attachent à tout cela et font perdre la tête ?


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Raphaël Zacharie de … said:

Oisif mélancolique, oiseau unique, ange joliment plumé, ainsi se présente l’auteur de ces lignes (une sorte de Peter Pan cruel et joyeux, mais parfois aussi un rat taciturne). Au-delà de cette façade mondaine, loin de certaines noirceurs facétieuses j’ai gardé en moi une part de très grande pureté. Dans mon coeur, un diamant indestructible d’un éclat indescriptible. Cet éclat transcendant, vous en aurez un aperçu à travers mes modestes oeuvres. Est-ce une grâce de me lire, pensez-vous? Osons le croire.

  • TEXTE DE PRESENTATION -

Je vous salue tous chaleureusement. Je vais me présenter à vous en quelques lignes avec l’espoir de ne point trop vous déplaire...

Je suis né dans l’ouest de la France et j’habite le Mans à l’ombre des augustes remparts gallo-romains de la vieille ville, au bord de la Sarthe qui coule avec une nonchalance toute provinciale. Sachez que je ne goûte guère aux mets superficiels en général. Les touristes de la culture me paraissent trop légers, et les creux lurons m’ennuient. Mais je vais tendre l’oreille ici, avec plein d’humilité, de tolérance et de patience à vos aimables chansons.

Je ne prétends pas être plus sage ni plus parfait qu’un autre. Je tente simplement l’expérience de la communication avec vous. J’avoue être curieux de connaître les fruits futurs de ces échanges.

Je respecte le savoir, loue la culture, vénère les enseignements. Il est important à mes yeux d’édifier, de construire, d’enrichir son esprit autant que son coeur. Gageons que je trouverai en ce lieu de rencontres matière à réflexion. Je souhaite des échanges vraiment féconds avec vous tous.

Sachez qu’en général je me meurs d’ennui. Je suis un oisif, une espèce d’aristocrate désoeuvré en quête d’aventures, d’amours, de futiles occupations. Je tue les heures de mon existence trop facile à coup de mots bien placés, d’idées et d’émois d’un autre monde.

Apprenez également que mon nom est basque. Il est tiré de la petite cité nommée "Izarra", au pays basque espagnol. Toutefois je n’ai jamais mis les pieds en ces terres barbares. Je viens d’ailleurs en vérité. Je suis né sous les lueurs de la nuit.

Mes pères, les Anciens, viennent du ciel. Ils descendent des étoiles. Mon nom "Izarra" signifie "Etoile", en souvenir précisément de l’une de ces lumières qui brillent aux nues et d’où est issu mon sang. J’ai l’allure fière, le coeur haut, et mes pensées sont fermes. Ma poitrine porte les marques vives de ma gloire: des cicatrices imaginaires héritées au cours de duels (j’ai dû voler lors de quelques songes au secours de femmes à la vertu offensée...).

Je suis craint et respecté, mais surtout très aimé. Et pas uniquement des femmes. Mes terres sont presque aussi vastes que celles des plus riches propriétaires et seigneurs du pays réunis. C’est là le legs de mes ancêtres, terres conquises au prix d’un bien noble sang... L’étendue de mes richesses n’a pas d’équivalent, en aucune contrée que je connaisse.

L’or et la musique sont les hôtes continuels de mon château où l’on n’y boit nulle part ailleurs meilleurs vins. La fête, l’art et la danse forment l’ordinaire de mes jours insouciants. Avant tout, je suis un oisif je le répète. Les femmes convoitent mes dignes étreintes, non seulement les plus élégantes et les mieux tournées du pays, mais encore les filles des grands seigneurs des provinces reculées, et même les très lointaines princesses de l’Orient. A croire que ma renommée ne connaît point de bornes.

Mon coeur a cependant déjà choisi. Je n’ai pas ignoré les intrigues de l’amour, très souvent déjouées par les jaloux, les rivaux, les éconduits. Combien d’épées tirées pour l’amour d’une femme? Ou pour défendre son honneur? L’amour idéal commence par un coup d’épée, une cicatrice, du sang.

Je suis le plus bel oiseau de ces lieux, l’unique albatros de cet espace de libre expression. Ma plume admirable et mon aile majestueuse confèrent à ma personne autorité, dignité et infinie élégance. Mes détracteurs sont des corbeaux jaloux de mon éclat. Et les gracieuses colombes planant dans mon sillage, mes disciples.

Je détiens quelque chère vérité, certain secret des arts, possède la science de l’amour. Pétri de noblesse, je me prétends défenseur des belles causes, de ma particule et des femmes laides, mais surtout des jolies filles, et ma plume est prolongée par le fer vengeur et justicier d’une infaillible épée. Ces deux flammes vives sont inséparables chez moi: plume et épée forment mon double panache.

Je suis l’ennemi de la populace, l’ennemi du vulgaire, l’ennemi de la bassesse. Cependant je protège et défends indifféremment les faibles, les veuves, les orphelins, les beaux sangs comme les têtes communes, les nantis comme les déshérités, les poètes comme les bourgeois, les joliment chaussés comme les va-nu-pieds.

Je vole également au secours de ceux qui forment la vaste roture de ce monde. Une fois extraits de leur fange, je tente de les élever jusqu’à ma hauteur. Et s’ils s’ingénient à demeurer dans leur aveuglement, je me permets d’exercer contre eux l’acier de mon art. Pour certains, ce sera celui de ma plume, pour d’autres, celui de mon glaive.

Je suis un authentique chevalier, un prince dans l’esprit, un guerrier des belles causes, un albatros, un ange tout de plume et d’épée.

Nul ne saurait accéder à ce degré de gloire où à la force de l’âme je suis parvenu. En qualité, noblesse et coeur qui peut se targuer de me valoir? Comme l’astre roi, je suis unique.

Inégalable.

Dans l’existence ma plus chère occupation consiste à pratiquer l’oisiveté aristocratique. Je suis un rentier, un désoeuvré. Quelques paysans besognent sur mes terres héritées. Je gère ces affaires de loin, avec détachement, voire négligence. J’occupe mes jours libres à observer mes humbles semblables défavorisés par le sort pour mieux porter sur eux mon regard hautement critique.

J’évite tout commerce, de près ou de loin, avec la gent grossière. Toutefois je daigne me frotter au peuple, de temps à autre. Et puis je lui trouve quelque attrait, par-dessous sa face vile et épaisse. Je le taquine avec charité et lui porte attention avec condescendance. Je lui parle également, choisissant bien mes mots, mon vocabulaire, de crainte de le blesser ou de ne pas parvenir à me faire comprendre de lui. Il convient d’être prudent avec le peuple: ses réactions peuvent être vives, crues, irréfléchies. Il faut un minimum de psychologie afin de bien le dompter. Bref, mes rapports avec la masse sont enrichissants et amusants. La populace m’offre le spectacle gratuit et plaisant de ce que je ne saurais être, moi.

Je suis un chevalier, un prince, un roi. Soyez disposé à l’entendre ainsi. Et qu’il en soit de mes rêves comme il en est de vos plus chers désirs d’internautes.

Me voici présenté à vous en toute simplicité.

Raphaël Zacharie de Izarra


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Raphaël Zacharie de … said:

DU CÔTE DE WARLOY-BAILLON

A pied, à bicyclette ou en voiture, lorsque vous arrivez de la route de Hénencourt, gravissant l'ultime côte raide et sèche qui précède la formidable plongée vers le bourg, vous surplombez soudain un monde qui semble s'annoncer à part. Au sommet de cette pente vous êtes sur le bord d'une cuvette naturelle et embrassez du regard une plaine vaste tachée de toits et de briques rouges d'où s'érige un clocher massif, le tout entouré, protégé par de grands carrés de terres aux sillons beaux et droits... Vous êtes à Warloy‑Baillon !

A l'horizon gauche de l'endroit où vous vous trouvez, vous apercevez un moulin abandonné, relique irréelle, poétique, décor suprême d'un univers pastoral lyrique et joyeux... Derrière un voile de brume, l'apparition sera saisissante ! Depuis cette hauteur enchanteresse, l'oeil attentif et indiscret retient de ce tableau paisible tout un univers intime, retiré et mystérieux, un petit monde où semblent s'être réfugiés les secrets champêtres les plus charmants.

Déboulant de ce versant pittoresque qui mène à la cité, vous pouvez goûter les premiers charmes bucoliques de Warloy-Baillon. En fait vous êtes là à Baillon... Un petit pont vous salue dès l'entrée et, arpentant bientôt la montée sinueuse qui démarre de l'église pour finir sur la rue du Général Leclerc, vous débouchez par là-même dans Warloy (« par en haut », a-t-on coutume de dire). Et vous avez alors traversé en son coeur l'agglomération, reliant ainsi en quelques pas flâneurs ‑ si vous êtes à pieds ‑ les deux parties graduelles du village.

Puis vous vous dirigez vers "le chemin d'Harponville" et là, vous pénétrez dans un domaine autrement secret, celui qui a marqué à l'encre de la Vie une jeune âme : la mienne. Onirique, mélancolique et radieuse, telle fut mon enfance à Warloy-Baillon.

Oui, mon pays, mes marques, mes nostalgies, c'est Warloy‑Baillon. C'est le chemin d'Harponville, ruban de craie immaculé, bordé de coquelicots. Enfant, ce chemin me semblait se perdre à l'infini vers des horizons fabuleux, idéals inaccessibles...

Exilé de ce berceau de mes vertes années, je repense avec tendresse à mon village. Warloy‑Baillon c'était pour moi comme une personne, un ami. Son sourire c'était le clair azur, sa voix le vent du nord, ses pleurs les pluies mornes. Profonde était la sérénité lorsque tombait sur les toits la lumière des étoiles... J'étais heureux à Warloy‑Baillon, premier paradis de ma vie, verger de mon enfance.

Mais Warloy‑Baillon c'est aussi une plaine mélancolique et pesante, c'est des hiboux que l'on dérange près du "bois Darras", des peupliers et de la craie blanche ‑ éclatante au soleil d'été -, des papillons, blancs eux aussi... Au détour de quelque chemin poussiéreux, des coquelicots encerclent des blockhaus. Les grandes chaleurs parfois sont solennelles et profondes : dans un silence de mort perce la flore et repose la ruine.

Au loin, le chant des alouettes. Sous les pieds, les soupirs de l'Histoire. Partout, des terres semées de feu et de fer. Oui, la "Der des der" est passée à Warloy... Et c'est peut-être à cause de ça que vous tiendrez encore plus à ce pays de plaine et de vent.

Et lorsque de ce pays qui est le mien vous lèverez les yeux le soir vers les étoiles, vers ces constellations mythologiques qui brillent éternellement au-dessus du monde, n'omettez pas de leur adresser une ou deux pensées pour moi, elles me parviendront. De mon pays d'exil, je les regarde chaque soir.

Raphaël Zacharie de Izarra


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Raphaël Zacharie de … said:

Albert en trois textes

1 - La Basilique d'Albert

Derrière la pierre battait un coeur. De son sommet venté émanait un chant sourd et mélodieux. La statue vertigineuse dominait la ville. Solaire et majestueux, le vaisseau de briques semblait sillonner ciel et temps, traversant le siècle albertain avec la dignité d'un prince, indifférent à l'agitation des vivants, défiant le temporel et ses idoles, toisant définitivement l'Histoire et les mortels. La Grande Guerre avait fait ployer sa proue, sans la rompre.

Entre les murs, des flammes. Dans le vitrail, l'azur. Sous les voûtes, la lumière.

En passant du dehors au dedans, je pénétrais dans une ombre qui n'était pas ombre, mais feu, joie, vie. J'oubliais la matière, et ne voyais que l'essentiel. La pierre était prière. Le grain de poussière, l'Univers entier. Le silence, une porte d'entrée sur le Mystère.

Et ce qui à cet instant précis me donnait des ailes, ce qui à travers un frisson fulgurant dont je n'oublierai jamais l'exquise brûlure m'élevait à la hauteur des étoiles et de la souffrance humaine, c'était l'Amour.

2 - Une bière blonde

C'était un dimanche monotone. Dans la basilique la messe venait de finir. Le ciel était gris, les cloches sonnaient à toute volée pendant que les fidèles s'éparpillaient.

Imbécilement, les hommes ne disaient rien. Pieusement, les femmes se taisaient. Les passants étaient muets et les cloches redoublaient de fureur. Le rond-point plongé dans la torpeur n'était traversé que par quelque silhouette insignifiante. Le monument aux morts s'ennuyait à mourir sur la place désertée. Dans la rue les yeux étaient vides, dans les bars les verres étaient pleins.

Bref, les hommes passaient humblement le temps dans cette petite ville de province sans histoire. Avec ce regard méditatif et mélancolique propre aux âmes rêveuses, je m'attardais sur les choses les plus banales et les êtres les plus modestes qui entraient en scène sous mes yeux. Ce spectacle morne et dérisoire m'inspirait une nostalgie sans objet. Mon spleen était un délice, je le savourais en esthète.

Je voyais tout cela à travers la vitre du bar qui donnait sur la basilique. Plus précisément, je voyais tout cela à travers les vapeurs de la bière qui me montaient à la tête et qui me rendaient encore plus contemplatif qu'à l'accoutumée... Et le monde soudain dansait au-dessus de ma tête, et des fantômes joyeux tournaient autour de moi dans le fracas agréable des cloches... A mes pieds traînaient quelques vieux mégots écrasés. Tandis que dehors le concert d'airain berçait mon ivresse, à travers la vitre du bar je levai les yeux vers le sommet de la basilique où trônait la statue de la Vierge recouverte d'or.

Les vapeurs de la bière continuaient à m'enivrer progressivement. L'éther montant en moi, je vis les premiers sourires apparaître sur les visages. Les assoiffés accoudés au bar, tous marqués à divers degrés par des moeurs éthyliques héréditaires, étaient devenus mes frères de perdition. Je détournai cependant assez vite le regard de cette assemblée de nez pourpres et de casquettes épaisses.

A présent le son des cloches de la basilique s'espaçait tout en diminuant graduellement d'intensité. Bientôt un silence mortel régna dans la rue ainsi que dans le bar. En effet, les buveurs n'ayant brusquement plus rien à se dire, ils se turent stupidement. Mais leur silence me parut plein de discernement, de pénétration, de profondeur. Je levai une fois encore les yeux vers la statue mariale et en ressentis un délicieux vertige. Le démon de la bière m'emportait toujours plus haut sur ses ailes ambrées... Je n'étais plus seul. En moi un feu du diable brûlait, j'étais aux anges.

Tout autour de moi était devenu statique. Il ne se passait rien dans le bar, rien dans la rue, rien dans les têtes ni dans les coeurs. C'était la province un dimanche, ça respirait l'ennui, le petit blanc sec et la léthargie, et les gens n'avaient rien à faire. Tout n'était que mollesse et temps qui passe, monotonie et repli sur soi. Mais dans ma tête se concertaient avec finesse et éclat Bacchus et la Vierge dorée : un instant de grâce dans un monde de parfaits abrutis.

La ville était morte et s'appelait Albert.

3 - Hauteur de vue

A Albert, petite ville de la Somme, est sise une basilique. Une Vierge dorée, entrée dans l'Histoire lors de la Grande Guerre, domine l'édifice. Pour les albertains, braves gens du nord, la séculaire dorure est devenue invisible.

Moi j'y vois mille feux, une auréole, une perle d'or au-dessus la cité. J'aime à lever les yeux au ciel, à la rencontre de l'hôte des nues.

Mon regard embrasse ciel et cime, et face à cet horizon vertigineux je chancelle avec délices, isolé du monde. La flèche mariale de la basilique me désigne des espaces intérieurs sans borne. Enivré d'or et d'azur, j'accède à des hauteurs de conscience inédites.

J'oublie la terre, et pars vers l'Empyrée, saluant oiseaux, astres, désincarnés. Des ailes m'emportent, des anges me parlent, des passants m'observent... Je redescends de mes sommets, le regard à hauteur humaine pour adresser quelque parole à mes frères albertains.

Je leur parle de la pluie, du beau temps. Ils sont contents. Je leur parle de l'état du ciel, de l'état de leurs finances, de l'état de leur voiture. Mais surtout pas de la Vierge dorée. Ils me comprennent, acquiescent, me donnent raison.

Enfin je les laisse au pied de la basilique, songeurs, hilares ou bien placides. Dans leur tête, des rouages de mécanique d'automobile, des inquiétudes météorologiques, des espérances bancaires.

Et je poursuis mon vol, plein de pitié pour mes semblables albertains, l'âme plus légère que jamais, le pas comme une aile, le coeur libéré des dernières pesanteurs terrestres.

Textes de Raphaël Zacharie de Izarra


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