Sémoy
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Sémoy's conversations

Le forgeron fabrique mais aussi répare les nombreux outils utilisés dans toutes les étapes du chantier. Un outils usé ou cassé est passé au foyer et sous l’enclume pour devenir un nouvel outil tout aussi opérationnel.

Le four à pain du 13ème siècle. Miam miam. Le pain blanc du seigneur, fait de farine de froment dit de « fine fleur », est coupé en tranches épaisses pour servir d’assiette où le maître dépose ses morceaux de viande. En fin de repas, s’il est bien luné, il en fait distribuer les restes imbibés de jus et de graisses aux pauvres affamés accourus aux portes de son château. Ces épais tranchoirs sont aussi déposés au fond de plats creux sur lesquels on verse des potages. Mais là, les pauvres n’ont droit à rien. Dépités, ils rentrent chez eux grignoter leur pain noir de seigle qu'on dit « armé de toute sa fleur de son ». Hum ! Au Moyen Âge, riche ou pauvre, chacun pétrit sa pâte à son domicile. Mais pour éviter l’incendie des maisons, majoritairement en bois, la pâte doit être cuite par le fournier, dans les fours installés dans le château du seigneur, chez qui les jacques ont déjà dû venir moudre leurs récoltes.

A défaut de chaume, les toitures d'époque sont souvent recouvertes de planchettes de bois ou tavaillons, assemblées à l'aide de chevilles sur l'ossature de la toiture. Les bûcherons commencent par équarrir des fûts de chêne prélevés dans la forêt voisine pour former les charpentes et les portes, mais aussi les engins de levage et les cintres servant à soutenir les voûtes. Les charpentiers taillent ensuite, puis assemblent les diverses pièces de bois. Ils taillent notamment des tuiles de 1 à 2 cm d’épaisseur. Ces planchettes sont fendues dans le sens du bois, avec un départoir et un maillet avant d'être assemblées sur le toit.

C'est sous cet appentis que les gâcheurs réalisent le mortier avec leurs pelles, sur un plancher en bois. Une dose de chaux pour trois doses de sable pour l’assemblage de pierres de parement ; une dose de chaux pour quatre doses de sable ou de terre pour le remplissage intérieur des murs.

Avec ce mortier fait de chaux aérienne, du sable et de l’eau, les gâcheurs assemblent entre elles les pierres de parement, alignées au fil à plomb. Pour l’intérieur du mur, large de 1,5 mètre, ils ajoutent du sable voire le remplacent par de la terre, moins onéreuse. Ces mortiers sont lents à sécher, ce qui donne une certaine élasticité à la construction dont le cœur prend corps de façon plus souple, plus dense et plus massive et connaît ainsi moins de fissures et craquellements que le ciment d'aujourd'hui.

ci, la pierre de grès, de couleur rouille, est découpée dans la carrière pour former les murs de l’enceinte. Les carriers utilisent les plus dures pour les parements extérieurs sinon comme linteau ou corbeau pour soutenir portes, fenêtres et corniches. Les pierres les plus tendres emplissent l’intérieur des murs. Pas moins de 30.000 tonnes de pierres ferrugineuse devront être extraites pour l'ensemble du château. Et ce travail de grès est un travail de force.

Ici, les tailleurs de pierre travaillent le calcaire pour former portes, fenêtres, parties de créneaux de fortification et autres ouvrages à l’aide de broche, de chasse, de ciseau, de taillant et de massettes. Les aeuvriers étaient à l’époque payés à la tâche, pour chaque pierre taillée que chacun la signait d’une marque distinctive pour voir son travail reconnu.

Ce château du 13ème siècle cher à Philippe-Auguste, à Saint-Louis (qui adore le sucre en poudre) et aux successeurs de Richard Cœur de Lion (qui aime bien le camembert) n’a jamais existé en ce lieu. Il est aujourd’hui bâti dans cette forêt bourguignonne, avec les matériaux, les outils et les pratiques de l’époque. Le chantier, débuté à la fin du siècle dernier, doit durer jusqu’en 2025. Carriers, tailleurs de pierre, maçons, bûcherons,charpentiers, forgerons, tuiliers ou cordiers, 40 oeuvriers y travaillent à la main comme autrefois.

Les charpentiers tombent de haut : plus de 300.000 visiteurs en 2015 !

Discussion entre bûcheron et charpentier pour la taille d'une poutre

Les cages à écureuil servent de grues du Moyen-Âge. Grâce à l’oeuvrier marchant à pas comptés à l’intérieur de la roue car la force des jambes est plus résistante que celle des bras, des charges de 300 à 500 kg de mortier et de pierres peuvent être hissées jusqu’aux tours du château à chaque montée. Si l'oeuvrier se casse la figure, tout retombe au sol d'un seul coup. Attention dessous.

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